Amis à usage unique

copains

Combien d’amis avons-nous « perdu » de cette façon : ils sont toujours là, disponibles, mais ils n’intéressent plus, on est venu à bout de leur mystère.

Au bout du compte, ce ne sont pas seulement ces amis qui s’usent, mais tout bonnement notre capacité à l’amitié. Au fil des ans, ils durent de moins en moins longtemps, ces gens que l’on rencontre, ils s’avancent, de moins en moins fascinants à mesure qu’on déchiffre l’art du masque social. Leurs numéros se font de moins en moins convaincants. On les perce à jour toujours plus tôt. Ils sont de plus en plus rares à présenter quelque chose d’authentique et d’étonnant. Au fil des ans, « l’authentiquement fascinant » devient une utopie puis une chimère.

A la longue, pour ne plus être déçu, il faut revoir ses exigences, ne plus espérer l’osmose et le partage mais tout au plus une agréable compagnie, il faut assigner à ces amis des rôles de plus en plus réduits et univoques, admettre que désormais, on se contentera de ces trois ou quatre personnes, trois ou quatre amis à usage unique : l’un pour distraire, l’autre pour bavasser, un autre encore pour confier ses envies ou ses idées… Et voilà.

6 réflexions au sujet de « Amis à usage unique »

  1. Comme c’est triste ce que vous dites-là…
    Mais honnête. Tous vos articles sont liés en une thématique unique : connais-toi toi-même.
    En effet, se connaître soi-même, être dans le travail d’accoucher de soi, permet d’être toujours nouveau à soi-même et du coup aux autres. Et ils peuvent nous rencontrer toujours renouvelés, jamais stagnants. Et c’est ainsi que rien n’est ennuyant. Cette réflexion se rapproche de votre réflexion sur le nomadisme et la sédentarité. Rien que leurs suffixes indiquent le mouvement pour l’un et la « staticité » pour l’autre ! Pouvoir changer (voyager intérieurement, progresser sur le chemin de la maturité) sans forcément changer ses relations est un défi. Toujours possible ? Je ne sais pas. Si on s’essouffle dans les relations, c’est certainement parce qu’on stagne…
    A vous !

  2. Bonjour, je ressens aussi que la capacité à l’amitié s’use. Cependant les quelques amis de longue date que j’ai me suffisent. Nous avons le même âge et sommes sur la même maturité d’esprit, celle-ci ayant évolué au fil du temps. Je ne trouve pas cet état de fait triste, c’est juste une évolution de notre rapport à l’autre. Evolution inhérente à notre âge.

  3. Oui mais qu’est-ce qui s’use vraiment…?
    C’est NOTRE capacité à l’amitié, rien d’autre.
    Je ne suis pas certaine que ce soit autre chose.
    —————————
    Ce n’est pas une mauvaise chose, certainement…je ne sais plus vraiment…

  4. Pour la « capacité à se faire des nouveaux amis », je pense qu’entre également en compte le vécu : à partir d’un certain âge, quel que soit le nouvel ami qu’on rencontre, il y a des périodes cruciales de la vie qu’on a vécu sans lui, qu’on ne partagera jamais avec lui. Il n’était pas là à cette époque, maintenant c’est trop tard. Finalement, à un certain âge où l’amitié est forte, la personne compte moins que les situations vécues ensemble.
    Ce qui est plus triste, c’est la capacité à entretenir l’amitié, à lui conserver sa place de prédilection. Cela concerne donc également les « amis de longue date » dont vous parlez, Vlad : vous est-il déjà arrivé de « perdre » un de ces amis-là, dans le sens où arrive un jour où subitement vous avez l’impression d’avoir compris tous les tenants et aboutissants de cette personne et de votre relation avec elle ? Soudain vous avez l’impression de pouvoir poser sur le papier qui est exactement cette personne, quels sont les ressorts de sa personnalité, et alors cette personne ne vous « émerveille » plus ?

  5. Bonjour, vous avez raison, il est des instants-clef dans la vie qui scellent bien des amitiés. Amis de beuverie, de compétition sportive, de pension etc.
    Je n’ai en revanche jamais ressenti la « perte » d’un ami qui ne « m’émerveillerai » plus, il aurait fallu pour cela que j’ai des amis qui m’aient un tant soi peu émerveillés…Je plaisante. Sérieusement je n’ai jamais ressenti cela, au contraire : nous nous connaissons bien et n’avons plus besoin de s’épater l’un l’autre, il nous suffit de se parler à demi-mot. La recherche de la singularité d’une relation n’ étant plus à l’ordre du jour.

  6. Anecdote : l’été dernier j’ai invité dernier un ancien ami américain de Terminale,
    homosexuel assumé, professeur du secondaire aux States et obamaniaque….
    çà ne s’est pas bien passé : au bout de 24h, il m’a avoué qu’il se sentait « oppressé » chez moi
    (par quoi? les petits plats que lui a concocté ma femme?) et qu’il ne se sentait décidément plus rien en commun avec moi…m’est revenu à l’esprit alors une scéne de l’époque de Terminale, lorsqu’il m’eut avoué ses « sentiments » pour moi et je lui ai fait gentiment comprendre que j’étais hélas hétéro (même pas bi) mais pas homophobe pour 2 cents, évidemment….il a eu l’air de l’accepter à l’époque…et puis son amertume refoulée est finalement ressortie à ‘occasion de cette visite, 30 et quelques années plus tard! je crois qu’il est trés difficile de conserver ses amis d’enfance et de jeunesse, on évolue tous trop différemment…

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