Refuser la première idée qui vient

Quand on réfléchit à un problème, la solution qui nous vient en 1er lieu est toujours celle qui nous est la plus agréable, celle qui nous « coûte » le moins, c’est-à-dire celle qui dérange le moins notre mode de penser naturel – notre intuition est flatteuse. En termes mécaniques, la pensée tend à emprunter par défaut les tuyaux les plus usités et visités de notre cervelle.

Il serait amusant de déduire de cela une gymnastique d’esprit qui consisterait à s’interdire par principe la 1ère idée qui vient, à l’éliminer d’office, à se priver volontairement de notre bon sens pour s’efforcer de penser un pas plus loin. S’obliger à inventer une 2ème solution.

Il y a là l’idée de s’attacher une main dans le dos pour acquérir de nouveaux réflexes. Que se passerait-il alors ? On ne serait sans doute pas plus souvent dans le vrai. Mais les situations se présenteraient plus inédites et trépidantes…

14 réflexions au sujet de « Refuser la première idée qui vient »

  1. Merci de faire ce « lien », je ne connaissais pas : http://fr.wikipedia.org/wiki/Thinking_outside_the_box
    La démarche est similaire en effet. A une différence prêt : « thinking outside the box » permet de trouver une solution à un problème qui n’en n’a pas tant qu’on reste dans un certain cadre de réflexion. Tandis que ce que je propose, c’est de réfléchir (« outside the box » ou pas), y compris quand une solution est déjà là !
    Par exemple : j’ai un problème, je l’attribue à ma belle-mère, qui comme à chaque fois est une égoïste. « Rejeter la 1ère idée » revient alors à dire « et si on dit que je n’ai pas le droit de dire que le problème vient de l’égoïsme de ma belle-mère, d’où vient-il ? »

  2. Ah, je ne dis pas que ton idée se limite au concept du « outside the box », mais on est dans ce registre : s’efforcer de penser différemment pour obtenir des solutions inédites. Il y a pas mal de méthodes dans le domaine de la « pensée latérale », peut être que celle de rejeter systématiquement la première idée en fait partie, tu devrais jeter un oeil 🙂

  3. « Pensée latérale », j’aime bien le terme (je l’ajoute dans mes tags, tiens !).
    Bon, si on reste dans l’aspect pratique, tout ça nous ramène finalement assez rapidement à ce qu’on peut apprendre dans ces séminaires de management où l’on apprend à être créatif et innovant… Le côté pédagogie créative à l’américaine.
    En formulant la chose, j’étais plus dans le côté zen/stoïcien. Face à une contrariété, « l’idée qui nous vient en 1er » est en général que c’est la faute de… En éliminant cette 1ère idée qui nous est la moins coûteuse, on peut dans certains cas arriver mieux à se remettre en cause et à progresser.

  4. Ah çà me plaît. Je me sens en famille de pensée avec vous « One Eye » – oups, traduire est-il correct, est-ce que du coup je n’utilise pas le nom de quelqu’un d’autre…i have to check it right now…
    —————–
    Je viens de revenir de la gare, j’étais à pieds, chargée comme une mule avec mes bagages et en chemin j’ai croisé un jeune homme (je suis une femme) qui m’a laissé comme une envie de lui parler. Je ne sais pas pourquoi, et je crois que ce qui m’a empêché de le faire, c’est cette 1ère impression dont je me méfie. C’est vrai. Chemin faisant, j’ai réalisé que mes premiers soubresauts, mes premières impulsions quelle que soit la situation, je m’en méfie. Car je n’en saisi pas les ressorts profonds et qui sait si je ne cours pas à ma perte ? Idem pour la « première idée ». Je me méfie d’entrée de jeu, quitte à y revenir après réflexion…
    ———————–
    De quel oeil voyez-vous cela ?

  5. D’un mauvais, évidemment !
    Merci pour votre message, et heureux que vous trouviez votre compte dans mes petits billets.

  6. je te rejoins sur l’approche bouddhiste de la chose : on peut souffrir a cause d’une pensée qu’on a sur le monde, une pensée générée sur le vif, par l’émotion. on éprouve de la rancoeur envers sa belle mere, mais la rancoeur qu’on éprouve n’existe que par rapport a une idée. Avec un peu de recul, on peut réaliser que cette idée n’est peut-etre pas la réalité…

  7. @Patrick : merci d’avoir mis le mot sur la chose, « bouddhisme ». En lisant les articles de Xix, c’est ce parfum d’effet Papillon qui planait dans ma tête. Et j’ai pensé au bouddhisme mais j’évite de lancer des -ismes en commentaires, je suis toute nouvelle ici alors…pas tout de suite ! Et au passage joli blog et je suis émerveillée de découvrir ce petit animal qu’est l’Axolotl…impressionnant !

  8. Mais parfois la première idée / sentiment est la bonne! Il ne faut pas la jeter d’emblée à la poubelle, même s’il est vrai que « la pensée latérale » (moi aussi j’aime l’expression) est importante à développer histoire d’explorer tous les possibles…

    L’important est pour moi de rester ouvert , de ne pas figer sa pensée.

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