« Celui qui n’a pas les 2/3 de sa journée à soi »

Friedrich Nietzsche :

« Tous les hommes se divisent entre esclaves et êtres libres.
Car celui qui de sa journée n’a pas les deux tiers à soi est un esclave, qu’il soit au deumeurant ce qu’il voudra : homme d’Etat, marchand, fonctionnaire, savant…
Il roule comme roule la pierre, conformément à l’absurdité de la mécanique
. »

Aux amoureux de Nietzsche, je conseille une bande dessinée qui vient de paraître : Nietzsche par Maximilien Leroy.

5 réflexions au sujet de « « Celui qui n’a pas les 2/3 de sa journée à soi » »

  1. « Combien noble est celui qui ne veut être ni maître ni esclave. » Khalil GIBRAN
    ———————————
    J’aimais bien cette citation jusqu’à ce que je lise cette description de Nietzsche dans ce morceau choisi d’aujourd’hui. Comme d’habitude, tombé à point nommé – je me demande si certaines personnes ne sont pas « connectées » ou branchées sur un canal commun d’informations mentales – car je parlais il y a deux heures (heure à laquelle j’ai consulté ma messagerie ) avec quelqu’un de la possibilité de se mettre à son compte et de s’associer afin de vivre de notre travail…merci Monsieur XiX…

  2. Ah oui, la citation, j’ai oublié de développer à son propos : il y a certainement de la noblesse à « vouloir » n’être ni maître ni esclave, mais est-ce possible dans la vie quotidienne ???

  3. Je suis d’accord avec votre citation au sens où je l’entends : chacun devrait mener sa vie avec l’objectif secondaire de « déranger » les autres le moins possible. C’est un idéal vers lequel tendre mais qui ne peut jamais se réaliser (tout comme « avoir les 2/3 de son temps pour soi » est un idéal : qui peut prétendre remplir cette condition ?). Car personne n’est totalement « libre » : il y aura toujours des gens dont on dépend (affectivement, économiquement…) et d’autres qui dépendent de nous. Et partant de là, il y a toujours des rapports « d’esclave » et de « maître » à entretenir. Il y a même des gens qui ont besoin de « déranger » pour exister, et dont il faut se protéger en instituant ce rapport de force, sans quoi ils nous bouffent la vie. Le tout est d’être conscient de ces rapports : savoir les servitudes que l’on veut accepter, assumer les « dominations » qu’on exerce et les responsabilités qui vont avec.

    Encore un peu de Nietzsche pour éclairer tout ça : « Es-tu, mon frère, une force et un droit nouveaux ? Un mouvement premier ? Une roue qui roule d’elle-même ? Autour de toi peux-tu forcer les astres à graviter ? (…) Il y a tant de grandes pensées qui n’ont pas plus d’effet qu’un soufflet de forge : elles gonflent et rendent plus vide. Tu te dis libre ? Je veux entendre ta pensée maîtresse, et non que tu t’es libéré d’un joug. Es-tu de ceux qui eurent le droit de s’émanciper d’un joug ? Certains ont perdu leur dernière valeur en rejetant leur état de servitude. Libre de quoi ? Qu’importe à Zarathoustra ! Mais que ton œil clair m’annonce : libre pour quoi ? (…) Connais-tu, mon frère, le mot « mépris », et le tourment de ta justice, qui est de rester juste avec ceux qui te méprisent ? (…) Tu es passé près d’eux et cependant tu as poursuivi ton chemin : cela ils ne te le pardonneront jamais. Au-dessus d’eux et au-delà tu passes ; mais plus tu t’élèves, plus petit te voit l’œil de la jalousie. (…) Méfie-toi des accès de ton amour : à celui qu’il rencontre, le solitaire tend trop vite la main. A certains hommes tu ne dois pas tendre la main, mais seulement la patte ; et je veux que ta patte ait des griffes aussi. »

  4. Mais le tiers qui n’est pas à soi, est-ce le sommeil ? Car si on prend ça dans le sens d’une journée « éveillée » de 16 heures, cela veut dire 5h20 pas à soi et 10h 40 à soi.
    Pour les gens qui travaillent 7 heures par jour on n’en est pas si loin, mais comment occupons nous ce temps libre ? N’ayant pas le contexte de l’extrait je ne sais pas ce que cela veut dire… peux-tu nous éclairer ?

  5. Par « temps à soi », il faut je crois comprendre le temps éveillé bien sûr, et plus précisément celui dont on dispose pour soi, de façon libre. C’est-à-dire en dehors du temps « travaillé pour quelqu’un d’autre » évidemment, mais aussi pour quelque chose d’autre. Le temps dépensé à remplir les contraintes du quotidien, mais peut-être même le temps durant lequel on est « astreint » à une activité pratique qui aliène notre pensée, fut-elle exercée de bonne volonté… Oui, peut-être parle-t-on d’avoir 2/3 de son temps pour flâner !

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