Paradoxe végétarien

Parmi les arguments du végétarien pour ne pas manger de viande, figure l’invitation à dépasser un « anthropocentrisme » par trop borné : l’homme serait un animal comme un autre et à ce titre, ne devrait pas se sentir supérieur de quelque façon, ni traiter les autres animaux comme des produits à sa disposition.

Ce zèle à se mettre à la place de l’animal, à se penser comme animal, relève justement d’un terrible fourvoiement anthropocentriste. Car « penser à la place de », considérer l’autre et se mettre à sa place, est bien le privilège exclusif de l’homme. C’est justement parce que nous ne sommes pas « un animal comme les autres » que cette empathie nous est possible.

L’animal, lui, fonctionne sur un mode foncièrement opposé : il ne cherche jamais à penser comme quelqu’un d’autre que lui-même. Au contraire, tout ce qui l’environne est soit pensé comme quelque chose pouvant potentiellement se rapporter à lui, soit pas pensé du tout. Son propre est de n’admettre l’existence de l’autre que comme moyen en vue de ses fins.

17 réflexions au sujet de « Paradoxe végétarien »

  1. Le propre du végétarien est de dire que parce qu’il n’est pas un animal comme les autres et qu’aujourd’hui la viande n’est plus une obligation à notre évolution, il peut se passer de viande. De surcroit quand on consomme majoritairement des viandes issues d’un élevage, d’une industrialisation poussée à son extrême (et que cette viande est de mauvaise qualité). Le propre du végétarisme est de refuser en bloc l’animal comme marchandise et comme objet, de rappeler que l’animal, bien que jusqu’à preuve du contraire non-pensant, est sensible et qu’on doit le traiter comme tel. Surtout quand on sait que toute espèce sur-consommée entraîne des sélections et donc des disparitions de races et notre biodiversité.

    1. En parcourant quelques blogs sur le sujet, je me rends compte que ma réfutation ne s’adresse pas tant au végétarisme dans son ensemble qu’à quelque chose qui s’appelerait visiblement “l’anti-spécisme”, une espèce précise de végétariens, qui elle considère qu’elle EST un animal comme les autres.

  2. oui je connais l’anti-spécisme est c’est vrai que ces gens sont une espèce à part, ils ont même publié une sorte de déclaration des droits des animaux. Il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !

  3. Xix, une fois de plus vous m’avez donné un sujet de réflexion…
    On peut être végétarien pour de nombreuses raisons. Je l’ai été 1 an il y a pas mal d’années en signe de protestation en quelque sorte, de l’industrialisation de l’abattage animal. La quantité effarante de barbaque alignée dans les rayons de supermarché me donnait la nausée car dans cet étalage mortuaire et millimétré il n’y a avais plus rien qui puisse encore relier l’homme et l’animal. Rompre ce lien presque christique de l’animal qui donne sa chair pour nourrir l’homme, c’est désacraliser la nature même de l’homme et son environnement et replacer le vivant dans l’inanité d’une barquette glacée comme la mort. Bref je m’emballe un peu mais, d’ailleurs j’en consomme de la viande, mais bon, je n’ai jamais pu supporter le gigantisme des grandes surfaces.

    1. L’industrialisation est encore un autre aspect, à prendre séparément du pur argument éthique de « manger un animal ».
      Je suis sensible à votre histoire de « lien sacré ». D’ailleurs, j’avais imaginé un jour que pour maintenir ce « lien sacré », pour être tout à fait réglo, il faudrait ne tolérer la chasse ou l’abattage que dans un cadre d’équité, où l’homme et l’animal ont chacun leur chance. Pas de machine, pas d’électrocution, pas de fusil, pas d’enclos… Un arc tout au plus. Un homme face à un animal, et celui-ci peut ruser, s’enfuir, ou rendre coup pour coup ! Une autre idée du « commerce équitable » !

  4. Bien vu le « commerce équitable » !
    Il y en a qui ont été réglo, il y a même eu un film :
    « Les chasses du Comte Zaroff » 😉

  5. Mais justement, la chasse a toujours été interdite au peuple [donc, contourné par le braconnage], et réservée au seul plaisir de l’aristocratie [je simplifie un peu mais c’est l’idée]. L’homme ne peut retourner à l’état de chasseur qu’en sublimant la chasse : en faire un art sophistiqué, élitiste, occasionnel, cadré par le statut d’exception et par un esthétisme évident.
    Chasser le lapin ou le perdreau annoblit le chien, mais chasser le cerf annoblit également l’animal, puisqu’il devient un adversaire à la mesure d’un roi, donc un autre roi.
    La chasse est un art d’exception ; mais pour tout le reste, l’élevage doit rester la norme : nous sommes des hommes à civiliser, nous avons à cultiver, à pacifier la violence de la nature dans une certaine mesure.

    1. Intéressant parallèle. Savez-vous si c’est la raison historique objective pour laquelle la chasse était interdite et réservée à la noblesse ?
      En revanche, nous sommes certes des hommes à civiliser, à cultiver, à élever, mais il nous faut également maintenir notre lien à la nature (ce dont, tel que je le comprends, parle Vlad), notre place entre dieu et animal. Cette « violence pacifiée » dont vous parlez a quelque chose de terrible qui nous coupe de cela, qui nous fait perdre de vue notre place dans le monde, qui nous fait perdre conscience de ce que nous « coûtons » au monde. On peut penser que notre responsabilité, si l’on mange de la viande, est d’accepter d’avoir du sang sur les mains. Sans aller à exiger que chacun tue son propre gibier, c’est déjà un premier pas d’acheter un lapin sanguinolent à l’étale du boucher plutôt qu’une barquette de viande sous plastique au supermarché.

  6. Xix,
    Qu’est-ce qui est plus violent ? De considérer du regard des mètres et des mètres et des mètres de viande sous cellophane réfrigérée dans un supermarché ? Ou d’acheter un petit lapin sanguinolent chez le boucher du village ? Les avis divergent !
    Qu’est-ce qui est plus violent ? De supprimer des milliers de vieux un peu trop coûteux et des milliers d’avortons un peu trop indésirables dans un cadre clinique ultramédicalisé ? Ou de couper la tête d’un assassin monstrueux sur la grand’place ? Là encore, les avis divergent.

    Jusqu’à quel point accepte-t-on de voir couler le sang ? Les abattoirs hallal sont montrés du doigt, il est malvenu de prendre la défense de la corrida, se faire tuer en Afghanistan ne soulève que l’indignation,… Le problème, c’est que la violence ne doit pas être annihilée, mais canalisée. Le monde propre produit donc des excès par d’autres voies : ultraviolence des banlieues, ultraviolence du cinéma, ultrapsychologisation des traumatismes, etc.
    Il ne faut pas que le sang nous dégoûte ou nous révulse, il faut simplement être très clair sur les bornes de l’humanité et de l’animalité.
    Dans une société normale, les hommes et les humains sont des choses TRÈS différentes, voire opposées [la civilité contre la bestialité], aussi tuer un animal ne pose absolument aucun problème. Si l’on estime que toute chair est animale, y compris celle de l’homme, on trahit complètement la suprématie du genre humain, qui est pourtant la garantie du Sens du monde.

  7. Erratum :
    « Dans une société normale, les animaux et les humains sont des choses TRÈS différentes »

  8. J’ai du mal à voir où est-ce que nous sommes d’accord et où est-ce que nous ne le sommes pas. Car je suis bien d’accord pour dire qu’homme et animal sont de nature différente. Et pour dire que l’enjeu de tout cela est le Sens du monde.
    Tuer un animal ne me pose aucun problème (« au contraire j’adore ça ! »). Il ne s’agit pas d’éviter la violence, ni peut-être même de la canaliser, mais de lui conserver son sens. Le lapin sanguinolent de mon boucher n’est pas moins violent que le poulet sous cello de Super U, mais il préserve le sens. La corrida, d’une certaine manière, véhicule un sens. Tandis que se faire tuer en Afghanistan quand on est un soldat français n’a pas vraiment de sens.

  9. Réflexion terre à terre (j’annonce):
    « l’homme est un animal » m’entrainerait dans une direction totalement différente de celle visée par l’article:
    Il n’a pas de prédateur qui le mange, donc il est en haut de la chaine alimentaire, donc il mange les autres animaux.
    Vive la viande

  10. Bonjour ,

    je suis un être paradoxal comme vous dite , végétalien depuis 3 ans , je ne viens pas convertir car je sais très bien que se combat est vain et futile .

    je viens juste débattre pour qu’on arrête de creuser se fossé entre nos deux monde , bien que dans chaque camps j’avoue que chacun y met son coup de pelle.

    certes il y a des points sur lequel je suis d’accord comme la mise de côte des espèces menacée.
    ( lien avec un autre forum canadien )

    par contre pour le détachement de l’homme et de l’animal je ne suis pas d’accord .

    effectivement nous avons évoluez jusqu’à crée une civilisation avancée ( ou pas ) , mais nous sommes et resterons d’un points de vue biologique un animal vous en conviendrait ?

    déjà deux points dans ton analyse me perturbe
    ( après je peux certaine avoir faux , bref…)

    1) Xix tu dit : « la réponse des anti-spécistes consiste à banaliser l’humanité, la réduisant au rang d’un animal parmi les autres »
    C’est là un paradoxe, car « être un animal comme les autres », c’est manger de la viande.
    il y à aussi des animaux végétarien , frugivore etc donc pourquoi s’identifier tout de suite à un carnivore ?

    2) tu dit aussi :
    Ce zèle à se mettre à la place de l’animal, à se penser comme animal, relève justement d’un terrible fourvoiement anthropocentriste. Car « penser à la place de », considérer l’autre et se mettre à sa place, est bien le privilège exclusif de l’homme. C’est justement parce que nous ne sommes pas « un animal comme les autres » que cette empathie nous est possible.

    il y des nombreuse histoire dans lequels des animaux sauve ou essaye de sauvez des vies ne pense t-il pas alors à autre chose qu’a eux-même
    ( exemple :le chien qui sauve l’autre chien sur l’autoroute voir youtube )? si non alors pourquoi font-il ce la qu’elle est leur but ,leur interéts ?

    tu dit qu’ils n’ont aucune empathie, or il à était démontré scientifiquement que les animaux on de l’empathie voir le Test sur les Rats et sur les singes.

    pour les droits des animaux je ne vois pas ou se situe le problème ?

    je conçois encore que les Omnivores veulent garder leur droit de mangez de la viande, c’est une liberté .

    Après je ne suis pas d’accord avec « La corrida, d’une certaine manière, véhicule un sens.  »
    qu’elle genre de sens véhicule t-il ? j’avoue que cela m’intrigue ?
    au même titre que la chasse , le cirque et la fourrure c’est totalement inutile. et je ne vois aucun sens là-dedans.

  11. Je suis au fond d’accord avec vous : un homme qui ne considère que ce qui est « utile » est proche d’un animal. L’utilité est l’horizon de l’animal. Mais l’homme, lui, a des besoins « inutiles » : la musique, la philosophie, la religion, l’amour, le cirque… La corrida est par exemple un rituel qui met en scène l’homme et l’animal dans le danger. Il y entre le risque, la mort, le sang, la mythologie… Autant de choses qui font sens pour l’homme mais pas pour l’animal : un animal ne risquerait jamais sa peau « pour le plaisir » du spectacle.
    C’est parce que vous éliminez d’office ces besoins qu’on pourrait appeler « spirituels » que vous voyez si peu de différence entre l’homme et l’animal.

  12. Il y a des tonnes de différences entre l’animal et l’homme. Mais… on peut tout de même admettre que ce sont des êtres « sensibles » et que leur faire vivre ce qu’ils vivent dans nos élevages intensifs et la façon dont ils sont mis à mort dans les abattoirs ne grandit pas vraiment l’Homme. Je ne suis pas pour un végétarisme « à tout prix » mais la souffrance animale me questionne. Etre un Homme c’est « aussi » prendre en compte cela.

  13. je précise d’un points de vue Biologique, tu peu regarder nous somme un mammifère , nous faisons partis du règne des animaux,

    mais bien sur au délà de sa il y à d’autre facteur qui nous différencie d’eux ,encore heureux ,la nature a crée des différence mais de là a en faire des inégalités je ne suis pas d’accord .

    la Corrida à certainement un sens pour toute ces personne qui la regarde , même pour nous dans la défense Animal cela à un sens mais beaucoup plus différent.

    les Besoins dont tu parle sont les Besoins secondaire , en effet c’est besoin sont au dernière, nouvelle propre à notre espèce , je te l’accorde.

    pour sa que je suis d’accord et pas d’accord ,je m’explique.

    d’un points de vue Biologique nous sommes des animaux OUI , mais pas sauvages nous avons évoluer et nous somme civiliser . certain animaux on des dons hyper-développer que nous n’avons pas , mais nous compensons avec notre intelligence. ( ou pas .. ?)

    tu parlez justement d’empathie propre au humains , du fait de se mettre a la place de l’autre ? comprend se que ressent le taureau seul au milieu de l’arène qui sent la mort approcher , sans avoir c’est pleine capacité pour se défendre ou fuir ? Comprend ces animaux de cirque dans leur cage qui tourne en rond car il ne peuvent pas assouvir leur besoin Primaire .

    Le monde du spirituel ne fait pas partie de leur monde à eux.
    nos besoin Secondaire( spirituel) ne doivent pas empiéter sur leur besoin Primaire.

    nous nous sommes proclamer  » Maîtres » de se monde car nous avons développer une civilisation , mais en tant que tel ne devrions nous pas le comprendre ? se mettre a la place de ceux qui souffrent afin d’analyser et de stopper cela ?

    de comprendre que chacun à une place en se monde mais une place qu’il à choisis lui même ?

  14. @être paradoxal : c’est vous qui considérez ces besoins spirituels « secondaires », pourtant ils existent depuis la naissance de l’homme. Même à l’époque où il vivait dans le froid, le danger et les peaux de bête, l’homme avait besoin d’autre chose. Cela apparait dans toutes les sociétés humaines et vous-même seriez bien incapable de vivre, j’en suis sûr, sans satisfaire ces besoins. Alors pourquoi les appeler « secondaires » ?
    @aphrodite et être paradoxal : nous sommes tout à fait d’accord sur le devoir de prendre en compte la souffrance animale. Mon article initial ne dit rien d’autre que cela : l’homme n’est pas un animal comme les autres puisqu’il est le seul capable d’avoir cette empathie vis-à-vis de la souffrance de l’autre. Je suis sensible à la souffrance animale et pour cette raison je préfère le sort d’un taureau élevé pour la corrida, qui ne souffrira que 20 minutes dans sa vie, à celui d’un poulet passant sa vie dans une cage, sous un néon, tassé contre 20 autres congénères.
    Tenez, un petit bonus : http://www.boston.com/bigpicture/2010/07/the_festival_of_san_fermin_201.html

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