La plus grande insulte faite aux femmes

Il est une injure d’une violence inouïe faite aux femmes quotidiennement, dont nous ne les entendons pourtant jamais se plaindre : c’est l’obligation de se maquiller.

Ce consensus sourd qui induit qu’une femme doit se travestir, modifier ses traits naturels et les recouvrir avant d’oser les montrer, n’est-il pas d’une extrême violence ?

Imaginez-vous, messieurs, vivre dans une société où il est admis que vous deviez masquer votre visage ? Où il est entendu que vous n’êtes pas présentable sans cela ? Imaginez-vous devoir chaque matin vous farder avec des produits plus ou moins gras ou farineux ? Enfouir ou améliorer ce que vous êtes réellement ? Imaginez-vous une seconde être en votre for intérieur cette personne à gauche :

… mais devoir apparaître en permanence sous les traits de cette personne, à droite ? Que tout le monde vous connaisse en tant que cette personne maquillée et non que vous-même ?

Je ne pense pas qu’un homme accepterait cela. Il ne s’agit pas de vanter la « beauté naturelle » (pas celle de Patti Smith en tout cas !) car ma foi, il est possible qu’une femme soit plus belle maquillée. Mais il est troublant de voir que cette obligation de maquillage est tout à fait assimilée, que les intéressées n’en ressentent aucun étouffement, aucune oppression. Qu’elles n’y voient pas une atteinte fondamentale à leur liberté ou à leur simple existence.

Au lieu de cela, les femmes ont intégré cette contrainte et en sont les premières ambassadrices. Elles travaillent elles-mêmes à l’effacement de leurs traits. Quotidiennement. A leurs frais. Et tandis que d’autres, juste à côté, sont tout à fait acceptés tels qu’ils sont

Nous ne les entendons jamais s’élever contre le maquillage. De là à déduire que le travestissement est un gène féminin

15 réflexions au sujet de “La plus grande insulte faite aux femmes”

  1. Oui, j’ai évidemment pensé à ce fameux éloge en écrivant. Merci d’avoir mis le lien.
    Il est gentil ce Baudelaire, mais franchement, reprenez ma photo comparative : la femme de droite est-elle vraiment plus « magique » que celle de gauche ! 🙂

  2. Bonjour,
    Responsable du pole web de Ni Putes Ni Soumises, je souhaiterais savoir si l’on pouvait se rencontrer prochainement, afin que l’on puisse échanger sur votre site et sur notre association.
    J’ai en effet lu l’article que vous relayez sur les violences faites aux femmes, et c’est pourquoi je souhaiterais vous rencontrer.
    Malgré les vacances estivales, auriez vous des disponibilités durant le mois de juillet ?
    Bien à vous,

    Jean-François laloué

    1. Je vous ai envoyé un e-mail afin que précisiez votre demande, car je ne pense pas avoir écrit un article sur les violences faites aux femmes, ni d’ailleurs qu’une « pute » soit l’antinomie d’une « soumise » !

  3. Hahaha, ça c’est le web marketing ! Il suffit d’écrire « violence faite aux femmes », et pouf ! vous vous retrouvez fiché chez Ni putes ni soumises !

    Bon, après, faut savoir lire, mais ça visiblement c’est un peu plus rare de nos jours.

  4. Franchement, le maquillage, ce n’est pas ce qui me choque le plus. Certes, une femme qui ne se maquille pas pourrait entendre des commentaires à ce propos (il y a bien quelques abrutis qui lancent des « tu ne te maquilles pas ? Mais t’es une vraie femme ? »). Mais ce n’est pas une oppression. Quand je ne me maquille pas, les gens ne me dévisagent pas dans la rue (pas plus que quand je me maquille !), et les hommes ne me font pas de commentaires (à l’exception des quelques abrutis qu’on trouve à peu près partout !). Je pense qu’en matière de violences faites aux femmes, il y a des combats bien plus importants !

  5. J’aime bien lire votre blog mais je déteste votre bannière !
    Concernant le maquillage, cela fait des années que j’ai pris la décision de ne plus me maquiller dans la journée pour aller bosser, faire mes courses etc
    Je ne garde le maquillage que comme arme de séduction pour certains rdv. Je ne dis pas que je ne pourrai pas séduire sans maquillage, mais ce dernier participe à certain érotisme.

  6. Bonjour Aphrodite et merci pour vos commentaires, notamment ceux qui concernent la féminité, sur lesquels il m’est toujours intéressant d’avoir une réaction de femme !
    Eh bien, qu’est-ce qu’elle a ma bannière ? Elle est tirée de la pochette de l’album « Trompe le Monde » des Pixies (ce qui ne l’empêche pas d’être moche me direz-vous).

  7. Pauvre taré va si on suis ton raisonnement un malade devrait se laisser crever plutot que de souffrir en prenant des medocs qui le feront parfois plus souffrir que la maladie elle meme (les effets secondaires des neuroleptiques les chimio etc….) Oui s’est vrai le maquillage des femmes est une souffrance faire des mioches aussi Tout comme de reflechir ou de bosser Tout ou presque dans l’existence est souffrance Bouh souffrir c’est mal A bas la vilaine souffrance vive le bonheur et la joie 7 jours sur 7 24H24 On croirait entendre un gamin de 12 ans age mental moyen de l’etre humain contemporain

    1. J’essaie de suivre le vôtre, de raisonnement, mais je n’y arrive pas. Par ailleurs, c’est vous et vous seul qui parlez de souffrance. Mon article ne contient pas ce mot.

  8. Ah là je ne suis pas d’accord (non plus… promis c’est la dernière fois que je pollue ce site de mes avis contraires…!) : pour moi le maquillage est un style qui relève de l’art de vivre. De même que je vais choisir un vin pour accompagner un mets, que je vais choisir un jean plutôt qu’une jupe, des talons (autre barbarie pour vous ?) plutôt que mes Converse, un soutien-gorge noir plutôt qu’un blanc (autre barbarie…?) : c’est une question de moment, de plaisir – de moment de plaisir. J’aime à choisir mon make-up selon mes envies, selon les occasions : healthy pour un jour un ville, smoky pour un soir, nude pour une allure casual chic… Comme j’en ai envie, et parce que ça m’amuse, me plaît, et parce que ce faisant, je prends soin de moi. Non pas de mon image (publique, tournée vers les autres), mais de mon image personnelle, cohérente avec mon esprit, mon humeur. Et quand je ne suis pas d’humeur : et bien je ne me maquille pas ! Pas de contrainte, mais du plaisir et du jeu, et si c’est jouer le jeu d’un diktat social… Alors ma foi je fais comme Voltaire : la liberté dans les chaînes ! Je finirai pas dire que si tant est que le maquillage soit une contrainte, il y a bien d’autres contraintes autrement plus fatales pour les femmes que celle-là (d’accord avec Lisa).

  9. C’est très intéressant et intriguant, en effet. A quel point ces structures ont été intégrées voire promues par la gent féminine… Je me demande bien qu’est ce qui est à la source de ce phénomène.

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