Le Juste contre le Justicier

Il s’agit d’appeler en soi le Juste. Le Juste contre le Justicier.

Le Justicier s’offusque et s’exclame.
Le Juste comprend et obtient.

Le Justicier est contrariant, il entrechoque.
Le Juste est conciliant : il coordonne.

Le Justicier attaque, harcèle.
Le Juste protège, défend.

A grands cris, le Justicier réclame : les honneurs, le respect, les excuses. Toutes ces choses qui lui sont dues.

Dans le silence, le Juste accorde et distribue les siennes.

Le Justicier, tel un saumon débile, s’obstine dans sa course entêtée. Naturellement il heurte le rocher, naturellement il maudit le sens du courant.

Le Juste a eu son heure de renoncement : plutôt que de vouloir changer la direction du monde, il a changé la sienne. Il est en harmonie.

Une réflexion au sujet de « Le Juste contre le Justicier »

  1. « C’est toi le Juste, enfin, le Juste! C’est assez!
    C’est vrai que ta tendresse et ta raison sereines
    Reniflent dans la nuit comme des cétacés,
    Que tu te fais proscrire et dégoises des thrènes
    Sur d’effroyables bec-de-canes fracassés!

    Qu’il dise charités crasseuses et progrès…
    – J’exècre tous ces yeux de Chinois à bedaines,
    Puis qui chante : nana, comme un tas d’enfants près
    De mourir, idiots doux aux chansons soudaines:
    O Justes, nous chierons dans vos ventres de grès! »
    Le Juste restait droit – Rimbaud

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