« Tous ne philosophent pas constamment et sans désemparer »

« Malgré l’éphémère brièveté de la vie humaine jetée dans l’infini, l’incertitude de notre existence, les innombrables énigmes à propos de l’insuffisance absolue de la vie, tous ne philosophent pas constamment et sans désemparer.

Il n’y en a pas même beaucoup, seulement quelques uns. Le reste vit dans ce rêve pas très différent des animaux, dont ils ne se distinguent que par la prévoyance étendue à quelques années.

C’est pourtant en vérité une bien triste situation que la nôtre ! Un court instant d’existence rempli de peines, de misères, d’angoisse et de douleur, sans savoir le moins d’où nous venons, où nous allons, pourquoi nous vivons.

S’y ajoute encore ceci : nous nous observons et sommes en relation les uns avec les autres – comme des masques avec des masques nous ne savons pas qui nous sommes – mais comme des masques qui ne se connaissent pas du tout. »

Arthur Schopenhauer dans Esthétique et métaphysique.

3 réflexions au sujet de « « Tous ne philosophent pas constamment et sans désemparer » »

  1. Je trouve que Schopenhauer à ceci de commun avec Cioran qu’ils voient tellement tout en noir et qu’ils exagèrent tellement le désespoir qu’un rire très particulier finit par jaillir à leur lecture, le rire de celui qui emboutit sa voiture juste après avoir appris qu’il était viré et que sa femme le quittait.

  2. Aille aille aille…

    Profond comme réflexion en ce jour de St-Valentin.

    Tout y est tristement vrai cependant.

    Je vais continuer d’alterner entre ces pensées et l’humour. C’est plus sain.

    Bonne journée Mr Oeil.

    Continuer votre bon travail d’observation. Il est aussi nécessaire que apprécié de ma part.

    G

  3. @Patrick : Oui, c’est exactement ça ! Cioran je connais moins mais dans Schopenhauer, il y a cet humour parfois involontaire du « si désespérant qu’il n’y a plus qu’à en rire » ! J’expliquais à une lectrice que j’ai tenté de lire « Le monde comme volonté et comme représentation ». Impossible bien sûr de venir à bout de ce pavé de 1 400 pages qu’il a passé sa vie à augmenter de chapitres au fil des rééditions, mais je me souviens très bien de l’effet comique de la préface, où il démonte le courage que tu as eu à entreprendre d’ouvrir le bouquin en expliquant d’entrée, avec son ton de vieux grincheux, que pour bien faire il faudrait lire le livre 2 fois, et aussi qu’il serait stupide d’entamer la lecture sans être familier de telle et telle philosophies, oeuvres complètes de Kant, peut-être aussi Spinoza, et ainsi de suite avec une bibliographie longue comme le bras… En lisant ça, on fronce les sourcils, puis on finit par lâcher un éclat de rire mi-nerveux mi-désespéré !

    @GForce : merci de me suivre ! C’est vrai que la St Valentin m’a inspiré !

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