« L’angoisse des hommes qui ne savent pas répondre »

Dans le film Zorba le Grec, il y a Basile, un jeune intellectuel poli et bien mis, venu en Crète faire fortune avec les terres que son père lui a laissées, et Zorba, homme local, rieur et baroudeur, qui se fait son serviteur et lui apprend à vivre.

Il y a ce joli moment de rage, lorsqu’un jeune du village meurt accidentellement :

Zorba, indigné :
Why do the young die? Why does anybody die?

Basile, calme et résigné :
I don’t know.

Zorba :
What’s the use of all your damn books
if they can’t answer that?

Basile :
They tell me about the agony of men who can’t answer questions like yours.

Zorba :
I spit on this agony!

En français :

– Pourquoi doit-on mourir ?
– Je ne sais pas.
– A quoi servent tous tes bouquins s’ils ne peuvent pas répondre à ça ?
– Ils me parlent de l’angoisse des hommes qui ne savent pas répondre à cette question…
– Au diable cette angoisse !

5 réflexions au sujet de « « L’angoisse des hommes qui ne savent pas répondre » »

  1. Bonjour….
    Pourquoi doit-on mourir ?…..
    Pourquoi cette envie de mettre au monde ?
    Personellement d’arriver sr cette satanée planète, je m’en serais bien passé..
    Au plaisir…enfin pour ce qui nous en reste..
    Patrick

  2. « Pourquoi cette envie de mettre au monde ? »
    Ca c’est une très bonne question qui mériterait qu’on se penche un peu dessus. Pourquoi continuer à pulluler autant alors que c’est si dangeureux autant pour nous même que pour notre planète ? Ne serions nous pas plus heureux en nombre un peu plus réduit ? Surtout vu le futur réservé aux enfants qui naissent actuellement. Quand est-ce qu’on va enfin commencer à réguler notre espèce ?
    Voilà, mon cher monsieur Oeil, vous avez 24h 😀 (et il y a pas de « je travaille pas le week end » qui tienne !)
    Non sans blague, ça serait intéressant.

    Sinon concernant le sujet, au début en voyant le titre j’ai vraiment cru que ça faisait référence à ces gens (dont je fais partie malheureusement, mais je me soigne), qui ne savent jamais se décider et qui répondent trop souvent par un faible « je sais pas ».

    1. Hé non, je travaille pas le week-end ! Mais maintenant qu’on est lundi je peux le dire : je ne suis pas du tout d’accord ! Le jour où nous en serons à nous « réguler », on pourra dans le même élan aller se pendre, non ? Le peu de sens qu’on peut trouver à la vie, c’est de se perpétuer. Et c’est parfois tout ce qui reste à celui ou celle qui n’a rien, pour se réaliser, se rendre utile, réussir sa vie ou espérer : élever un marmot.
      Pour revenir à l’extrait, il évoque pour moi l’absurdité non pas de la vie, mais des livres, de la pensée, de la philosophie… Toutes les prouesses intellectuelles et métaphysiques des plus grands esprits ne pourront jamais être que des contorsions pour éluder LA question, la seule à laquelle les hommes veulent une réponse : pourquoi mourir.

  3. Pourquoi mourir ?

    Parce que si nous ne mourrions pas, il n’y aurait plus de place pour les vies à venir.
    Hegel disait qu’il est fallacieux de dire « on se bat contre la mort« . En elle-même, la mort n’existe pas. C’est contre une autre vie que l’on se bat. Un type qui a un cancer, c’est quelqu’un qui porte en lui des cellules cancéreuses, une vie anarchique, menaçante, qui le menace et l’étouffe progressivement. Une nation qui affirme son indépendance ou sa vitalité se trouve tôt ou tard arrêtée par les frontières ou les intérêts d’autres nations. L’histoire montre toujours cela, à tous les niveaux.
    De la même manière, une génération remplace l’autre, avec ses tendances morales (ses « moeurs »), la vitalité qu’elle porte elle-même, etc.

    La vraie question serait plutôt : pourquoi vivre ?
    Car vivre, c’est forcément affronter d’autres vies que la sienne, tôt ou tard. Sans dialectique il n’y a pas de vie. Ceux qui disent que « la mort fait partie de la vie » disent la même chose, avec d’autres mots.

    Au fait, votre blog est très intéressant, chapeau. 😉

    1. Merci.
      J’aime votre idée (ou celle de Hegel !) qu’il n’y ait pas de vide, que la « vie » ne meurt pas mais cède simplement la place à autre chose, que rien ne meurt de soi-même mais que tout est un équilibre de forces.

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