« Rien ne t’est dû »

Cesare Pavese dans Le métier de vivre.

« Rappelle-toi toujours que rien ne t’est dû. En fait, que mérites-tu ? La vie t’était-elle dûe quand tu es né ? Vraiment rien ne nous est dû. Quelqu’un nous a-t-il jamais promis quelque chose ? Et alors pourquoi attendons-nous ? »

7 réflexions au sujet de « « Rien ne t’est dû » »

  1. Je n’ai pas lu Cesare Pavese, mais je complèterai bien son « rien ne t’est dû » par un « alors, bouge toi le cul ! ».

    Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire par « pourquoi attendons-nous ? ». Je me dis que sa pensée ne peut pas se résumer à ne rien attendre, et ne rien espérer, mais plutôt à ne rien attendre et ne rien espérer qui ne vienne de soi-même.

    En outre, si j’ai parfaitement compris que rien ne m’est dû, je considère aussi que rien ne m’est indû ! Si la table est servie, pourquoi me gênerais-je d’aller y grapiller, mon assiette à la main. Si elle est desservie, n’étant pas maso, je ne vais pas me contenter de sombrer dans la désolation, ou dans l’acceptation. Faut pas déconner ! Je partirai en quête d’une autre table !

    Rien ne m’est dû, pas même la vie ! En effet, j’ai pas demandé à être là, mais puisque j’y suis, j’y reste ! Et je me sers et encore sans complexe ! On va pas se faire chier non plus ! Non mais !

    1. Oui Nathalie, c’est bien comme ça que je le comprends aussi. « De quoi te plains-tu », « cesse de chouinasser », « bouge toi » ! Il y a une phrase que j’aime en anglais, à adresser à celui qui se complait dans la jeremiade sans rien faire pour changer : « Shit and get off the pot! ». Ne reste pas sur ton pot de chambre à te plaindre de l’odeur !

  2. Je saisis mal comment on conjugue la phrase de Pavese dans la société du Droit que nous connaissons. Aujourd’hui, dès la naissance, il semble que TOUT nous soit dû.

    1. Exact. Elle ne se conjugue pas, elle s’oppose, comme un rappel salutaire. La société (notre société) nous conforte dans l’illusion que tout nous est dû, mais c’est aussi tout simplement un penchant naturel de l’individu : nous venons au monde avec ce besoin d’attention, de reconnaissance, cette soif d’accomplissement, on estime que la vie va nous rémunérer à la hauteur de notre mérite, de nos efforts… Et puis on lit ce truc de Cesare Pavese !

  3. C’est vrai, nous sommes dans une société, si ce n’est de droit, du moins d’hyper inflation législative et si je passe aujourd’hui, c’est sutout pour dire à quel point nous sommes surtout dans une société de la surveillance ! Il faut absolument que je passe ce coup de gueule : Hier, je surfe sur un site de chaussures (Sa….za.com), un site sur lequel je ne suis jamais allée, sur lequel je n’ai jamais rien commandé, de même que je ne leur ai jamais laissé mon adresse mail en ligne. Eh bien ce matin, je reçois sur ma boîte mail un message de la société en question. Je vais mettre la journée à m’en remettre ! Jusqu’à quel point suis-je espionnée par Internet, jusqu’à violer mon intimité et ma boîte mail ? Outre le fait que cela me scandalise, ça me fait peur !

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