« De la pourpre sur la fin du monde occidental »

« Voilà les marchands qui font la grandeur du monde et assurent la pérennité de l’art et d’une époque. Les Anglais d’aujourd’hui n’en sont pas exclus et les docks de Londres le prouvent, où s’accumulent tous les trésors du monde et ses traditions vivantes, la race des chiens, le pedigree des pur sang, la taille des diamants, la trempe d’une noble lame, le fini d’une Rolls-Royce, la qualité de tout ce qui est bon à manger, à fumer et à boire et qui rend la vie des hommes supportable, et non pas seulement, comme dans un musée, les œuvres mortes. Les Russes, qui usinent, n’ont pas ça ou pas encore, et les Américains, qui s’apprêtent à prendre la succession de la civilisation, n’en sont encore au stade que du faux luxe et du brillant et du chichi des empaquetages en papier de cellophane. Le cœur me dole d’avouer qu’aujourd’hui, la France est hors-rang, son prestige restant assuré, comme au Moyen Age, par quelques rares et fortes individualités, de tous les domaines mais plus particulièrement celui de l’intellectualité, de la pourpre sur la fin du monde occidental. »

Blaise Cendrars dans Bourlinguer.

 

Une réflexion au sujet de « « De la pourpre sur la fin du monde occidental » »

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