Ne pas juger

étagère de la pensée

Voilà une prière qui est régulièrement faite et que nous n’avons jamais réellement comprise. « Ne pas juger ». Quand nous l’entendons, nous hochons la tête et feignons d’obtempérer car nous sentons bien, au ton, que « juger » est alors perçu comme une abomination. Mais en réalité, nous tremblons à l’idée que l’interlocuteur repère notre manège, et s’aperçoive que nous ne savons absolument pas de quoi il parle.

Quelle commande neuronale faut-il enclencher pour désactiver cette fonction ? Je n’en ai aucune idée tant au contraire, « juger » me semble la fonction première voire unique de l’intelligence. Il y a des gens qui peuvent ne pas juger ? Et que font-ils alors ? La chose traverse leur cerveau sans n’y rien ranger ni déranger ?

Le problème n’est pas de juger, mais de juger juste. Le problème n’est pas de coller des étiquettes aux choses, de ranger les gens dans des catégories… mais que ces étiquettes et ces catégories soient mal faites, mal conçues, trop simples, désuètes, trop rigides ou au contraire trop poreuses…

Le cerveau est une machine à classer, à juger, à ranger… et l’intelligence est l’art de bien concevoir les étagères de sa pensée.

Oui, je juge !

3 réflexions au sujet de « Ne pas juger »

  1. Un sage chinois raconte l’histoire de 2 moines qui devaient traverser une rivière. Une femme se tenait là, pour passer par le même endroit, mais ne voulait pas se mouiller. L’un des moines la prit sur son dos. Pendant la poursuite de la marche des 2 moines, celui qui avait porté la femme se vit couvert de reproche par son compagnon, qui considérait qu’il avait été au-delà de ce que les convenances accordaient. Il répondit alors : « Cette femme, je l’ai laissée une fois arrivé sur la rive, mais pour toi, elle est toujours dans ton esprit ».

  2. Il ne faut pas juger, sauf s’il s’agit de porter une condamnation au nom de l’idéologie de gauche. Là, c’est non seulement permis mais recommandé.

  3. J’ajouterai que le temps et la loterie biologique sont des facteurs que nous ne pouvons ignorer. La justesse de pensée d’un individu varie invariablement tout au long de sa vie dans le premier cas et peut être gravement compromise dans le deuxième.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s