« La vertu moderne »

La vertu antique consistait à s’affranchir de son époque. La vertu moderne consiste à être assez adaptable, assez souple, assez plastique, pour coïncider absolument avec elle. (…) La modernité s’accomplit en faisant triompher ce principe si singulier dans toutes les activités humaines. (…) Elle ne gouverne pas seulement les comportements vestimentaires ; elle oriente l’économie à travers l’impératif indiscuté de l’innovation (…). Elle s’impose à la vie intellectuelle (…). L’art, en particulier, prétendait surplomber le passage du temps : le propre d’une grande oeuvre, d’un classique, semble être précisément d’échapper aux circonstances de sa création pour parler à toutes les époques. (…) Mais l’idéal abstrait de la beauté s’est évanoui : trop classique, trop daté. L’oeuvre n’a pas pour but d’être belle, mais d’entrer en résonance avec son temps, d’exprimer ses préoccupations, de s’ajuster à l’instant… (…) Enfin, le phénomène de la mode règne désormais sans partage sur l’activité politique. Le but de la loi n’est plus d’atteindre une forme d’idéal intangible, mais de se mettre à jour sans cesse pour « s’adapter aux évolutions de la société ».

François-Xavier Bellamy dans Demeure.

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