La vérité aveugle de l’art

vérité aveuglePicasso était communiste.

Céline était antisémite.

Et ce rockeur britannique qui bouleverse vos oreilles a toutes les chances d’être un parfait abruti ivre de bière et pas autrement cultivé que par les émissions de télé qu’il regarde à l’hôtel, l’après-midi, pendant ses tournées.

Ces tares mentales n’empêchent pas tous ces gens d’atteindre, chacun dans leur domaine, une sensibilité et une intelligence hors du commun. Comme si les idées, chez l’artiste touché par la grâce, n’avaient pas la moindre espèce d’importance.

Mère-auberge : le cocon familial de demain

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Dans le futur, il n’y a plus de « femme au foyer » mais des mères-auberge. La mère-auberge est une femme qui, célibataire à 35 ans, a fini par acheter un logement seule. Propriétaire de son toit, son foyer abrite généralement :

  • les enfants que les hommes de sa vie lui ont laissés,
  • son dernier concubin en date,
  • une femme d’un pays du tiers-monde qui l’aide à l’éducation des enfants.

L’homme du futur est donc un éternel locataire, qui paie à la mère-auberge un loyer le temps de leur idylle. Il ne possède en propre que quelques meubles ou objets de valeur et bien sûr sa console de jeux et sa collection de DVD. Sa vie d’homme consiste à guetter une mère-auberge, à la séduire, et à s’installer chez elle. Quand la femme se lasse, le voilà dehors, en quête d’une nouvelle mère-auberge, transbahutant ses quelques possessions ou les stockant en garde-meubles le temps de sa période de célibat.

vie de famille

La mère-auberge doit l’asile aux lardons qu’on lui laisse jusqu’à leur majorité. Elle a toutes les charges et les responsabilités d’un propriétaire et d’un parent, et l’activité professionnelle intense qui lui permet d’y faire face. Malgré tout, elle est satisfaite de sa vie, qu’elle qualifie « d’indépendante ».

Maturité : l’idée reçue

Idée reçue selon laquelle, avec l’âge et l’expérience, nous comprenons mieux le monde.

En réalité, plus on avance plus on doute, au fur et à mesure que se révèle,
entre « tout noir » et « tout blanc », l’existence d’infinies nuances de gris. 

Au fil du temps, au lieu de nous affermir, nous nous effilochons.

perplexe

Ces oeuvres d’art qui ont choqué

courbet picasso duchamp wahrol

On laisse souvent entendre que telle oeuvre d’art, majeure, a « choqué » en son temps. Notamment à partir du 19ème siècle : on aime imaginer ces hommes et femmes de la bonne société, se jeter hors des salons et des expositions, horrifiés, s’arracher la barbe pour les uns, les froufrous pour les autres, réclamer le bûcher pour l’hérétique

Je crains que la réalité soit plus fade, et que ces oeuvres qui ont choqué, aient en réalité fait doucement rigoler. Avec un rictus de mépris, on a dû se dire que ce Gustave Courbet n’était décidément pas très subtil. Ou encore on a soupiré de dépit devant les gribouillages d’enfant demeuré de ces « fauves ». Et aujourd’hui on apprend que tel Jeff Koons fait scandale avec son zob en plastique, mais qui est vraiment offusqué ? Personne. C’est simplement une expression journalistique.

C’est une tendance assez récente de prendre l’art au sérieux, de croire qu’il peut changer le monde, d’oublier qu’un tableau n’est tout de même qu’une image, ou qu’une musique n’est qu’une musique par rapport à la vraie vie des gens. Ceux qui surestiment le caractère scandaleux de l’art sont en général non pas les artistes eux-mêmes, mais les salariés de l’art et la culture : enseignants, journalistes, critiques, guides de musée, galeristes… Ceux-là font grand cas des « ruptures » et des « coups de pied dans la fourmilière », ils enseignent une opposition entre art et conservatisme.

Il est pourtant évident que, dans l’art et dans la vie elle-même, la rupture a un rôle relativement mince et parcimonieux par rapport à la conservation. La société est comme n’importe quel organisme : elle s’entretient avant tout, et ne se révolutionne qu’en dernier recours, lorsque les forces conservatrices sont épuisées ou lorsque l’harmonie et la conservation deviennent plus coûteuses à maintenir que la reconstruction elle-même.

Un peu d’humour sur les « salariés de l’art et la culture » :