Tempérament chat

Il est curieux que je n’aime pas les chats tant nos tempéraments sont pourtant ressemblants.

Comme le chat, je suis quelqu’un qu’on ne demande pas mieux que d’aimer, mais qui va malgré tout son chemin. Comme le chat, je ne rends pas les caresses. Comme le chat, je ne me donne pas la peine de dire « non », et les gens s’imaginent que cela veut dire oui. Comme le chat, on aimerait comprendre ce que je viens chercher dans cette vie. Comme le chat, je demande en fin de compte peu de choses, simplement qu’on laisse une issue pour que j’entre et sorte comme il me chante.

Il est curieux que je n’aime pas les chats. Peut-être que les chats n’aiment pas les autres chats.

chat pallas

Les hommes viennent de Mars, les femmes sont d’ici

Ce qui empêche les hommes de se mettre complètement sur un pied d’égalité avec les femmes, c’est cette intuition qu’ils n’ont pas été invités sur Terre au même titre qu’elles, ni n’y sont logés à la même enseigne. Au départ, la donne n’était pas la même.

Ainsi l’homme se perçoit : un être nu, vulnérable, dépourvu, qu’on a projeté dans la nature hostile, abandonné, à la merci de tout, et dont l’éternel destin est de lutter tant bien que mal contre ce monde hérissé.

A ses yeux, le sort de la femme est bien différent : elle, fait partie de la Nature. Leur connivence est évidente : elle est de mèche avec la Terre. Comment ne pas nourrir cette suspicion ? Comment ne pas voir, quoi qu’elle en dise, qu’elle est du même bois que tous les autres éléments terrestres : comme eux, elle donne la vie, elle a ses saisons, ses racines, son instinct, elle sent le monde, elle entretient une complicité avec lui… Et il faudrait encore l’inclure dans notre cercle de solidarité ?

Imaginez seulement le premier homme : né aux côtés de sa sœur, ils ont vécu joies et détresses au diapason, quand est soudain venu le jour où… en fait, elle mettait au monde, tout comme la terre et les champs. En fait, elle était connectée à la Nature, elle en connaissait les trucs… Trahison !

Dès lors, l’homme a bien voulu descendre de tous les singes qu’on veut, mais pas de la même branche que son homologue féminin. Bien vite il a dû se sentir plus d’affinité avec n’importe quel animal, et a renvoyé la femme à son ascendance florale, végétale, vénéneuse !

C’est du fait de cette illusion, je crois, que l’homme cherche à « dominer » la femme : il s’en distancie, s’en méfie, s’en moque, s’en empare… non pas à titre particulier, mais au titre de sa volonté générale de maîtriser le monde dans son ensemble : la femme est pour lui un aspect parmi d’autres de cette nature à dominer.