Finish up

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Définition : Jeune entreprise montée par un trentenaire Bac+5 lassé du salariat et désireux d’être « son propre patron », fondée sur une petite idée aisément concrétisable par le développement d’une application mobile – si aisément que l’on finit par découvrir que quelqu’un d’autre le fait déjà depuis deux ans, en mieux.

Le stade de maturité de la finish up est atteint durant les quatre mois qui séparent le moment où l’associé, ancien copain, quitte le navire, et celui où l’on se rend soi-même à l’évidence.

Low cost, low service

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Dans le futur, les pays post-industriels, faute d’avoir su conserver le secteur de la production de biens matériels (laissé aux pays en développement), se sont dédiés à l’industrialisation des services. La formule à laquelle ils sont arrivés pour maintenir un semblant de compétitivité est le déploiement d’une économie sur le modèle « low cost, low service ».

Un bon exemple pour comprendre le « low service » est le café parisien. Pour le coût global d’un déjeuner :

  • l’accueil est en self-service : on trouve soi-même sa place en terrasse, on fait soi-même savoir sa présence au garçon ; celui-ci n’intervient que pour nous déplacer à une table qui lui convient mieux ou pour nous signaler qu’il faut passer commande à l’intérieur,
  • le service est en self-service : au comptoir, l’employé a besoin de prendre sa commande ; il peut énumérer sur demande ce qu’il a à proposer mais cela l’emmerde. En revanche il souhaite encaisser immédiatement,
  • la « grande salade » est une prestation de plusieurs services intermédiaires sous-traités à la distribution low cost : laitue, œuf, vinaigrette, tous les ingrédients sortent d’un plastique et ont été disposés ensemble dans une assiette,
  • les toilettes sont fermées ou payantes ou sales, ou tout cela à la fois…
  • Et si l’on désire un simple thé, on nous sert un pichet d’eau chaude ; le sachet de thé est en self-service, à choisir soi-même dans le coffret de thés du monde à côté du bar, avec la barrette de sucre et la touillette en plastique.

Dans le futur, l’intégralité de l’économie européenne est passée sur ce modèle. Non que la qualité de prestation ait totalement disparu, mais elle est n’est plus disponible sous sa forme gratuite et naturelle. On peut encore trouver des gens de métier capables de nous servir de façon correcte, mais il faut s’adresser aux entreprises qui ont organisé et développé une offre pour cela.


Dans le futur, toute la dimension de service, qui jusque-là était induite, inclue, et naturellement associée à la prestation commerciale, a été décorrélée, mise à plat et passée à la moulinette d’une ingénierie des services. L’esprit commerçant et le savoir-vivre attaché aux affaires ont été remplacés par une machinerie rigoureuse, juridique, administrative, qui s’assure que rien ne se fait qui ne soit stipulé dans les lignes des contrats et des garanties. Tout bien ou service est ainsi proposé :

  • dans sa version standard, en low service (on fait tout soi-même : conseil, choix, livraison, montage…),
  • agrémenté d’options « + » facturées comme telles à côté du produit : + de fonctionnalité, + de longévité, + de confort ou moins d’attente, + d’amabilité et de politesse…

Il est faux néanmoins de penser que cette machinerie est le seul résultat d’une orientation économique et commerciale pilotée par le haut. Le low service relève plus profondément des nouvelles formes de civilité : dans le futur, les individus n’ont plus part à l’accomplissement social ni ne cherchent à mettre du sens dans leur travail ; ce sont les premiers agents du low service. Sans intérêt pour le fruit de leur travail, ils sont des salariés du commerce, pas autrement concernés par leur fonction que pour ramasser votre argent. Ou bien ils ouvrent un commerce, comme par exemple un restaurant, mais pas forcément parce qu’ils estiment avoir quelque chose à offrir dans la restauration. Ils vendent des steak-purée mais ce pourrait tout aussi bien être des articles de quincaillerie ou des dalles mortuaires.

Dans le futur, l’Occident est cette « puissance commerciale », peuplée d’agents de service qui ne servent pas mais qui font rouler des code-barres sur des tapis roulants, nonchalamment assis à leur caisse de superette, poursuivant sous votre nez leur discussion avec un collègue… Tandis que l’écoute et le service sont encore un autre métier et un autre produit. Dans le futur, il faut se rendre dans les pays moins développés pour trouver des gens qui vous regardent et vous considèrent, et vous offrent sans même s’en rendre compte, et sans supplément, ce qu’on appelle dans le futur un « service 3 étoiles ».

Crise

Je fais peut-être partie d’un cercle de privilégiés me direz-vous… mais cette crise dont on parle depuis 2008, cette « crise » ne me fait aucun tort : je me porte plutôt bien ! Oh, économiquement, j’ai bien eu une petite passe difficile, juste avant « la crise »… Mais raisonnablement je serais gonflé de me plaindre ! Car je dois bien le reconnaître : malgré toute l’énergie que le monde emploie à me convaincre du contraire depuis plus de 2 ans maintenant, je me porte à merveille !

Deux ans que j’entends parler quotidiennement de gens « frappés par la crise », tombés au chômage ou suicidés parce que trop forte pression économique… Ou bien d’astuces pour faire des économies de bout de chandelle… J’entends dire que « les gens » se serrent la ceinture, ont le moral en berne… Mais je ne vois rien de tout cela ou pas grand chose. Je ne constate pas de changement par rapport à quand ça allait bien. Sinon dans les sujets de conversation, de reportages tv, ou dans les arguments des commerçants…

J’ai conscience que cela peut paraître indécent de le dire si posément mais je l’avoue tout net : je ne suis pas en crise, et autour de moi je ne vois personne vraiment « en crise ». Ou bien je ne sors pas assez de chez moi ? Mais cette « crise », censée être la pire depuis 1929, je lui trouve pâle mine. A côté, les photos d’Américains du siècle dernier en noir et blanc ont tout de même plus de gueule. Cette crise, « qui devra amener inexorablement à poser la question de la réforme du capitalisme » (est-ce que les journaux qui écrivent ça le croient vraiment ?), me donne plutôt l’impression que tout va continuer comme avant. Que « la crise » est simplement la couleur de fond de ces 3 ou 4 années, comme la mode a ses saisons.

Bientôt il faudra changer le disque. 

Alors bonne année ! Avec une petite pensée pour ceux qui seraient vraiment dans la panade…