Ennemis parfaits

On trouve deux types de véritables ennemis.

  • L’ennemi mortel :  le monde est trop petit pour vous deux et à la fin, on le sait, ce sera lui ou vous. L’enjeu est ici réel : économique, professionnel, survie…
  • Le meilleur ennemi : il n’est pas très différent d’un ami. Il est noble, peut rendre coup pour coup, il fonctionne comme vous, selon les mêmes principes, selon la même hygiène, le même code d’honneur, les mêmes règles, qu’il s’administre avec la même rigueur. Seulement, il arrive à des conclusions opposées. L’enjeu est ici plutôt d’honneur.

Avec l’ennemi mortel, ce qui importe est de triompher. C’est une question de vie ou de mort. Avec le meilleur ennemi, ce qui importe est le combat. Il ne doit jamais finir.

Amis à usage unique

copains

Combien d’amis avons-nous « perdu » de cette façon : ils sont toujours là, disponibles, mais ils n’intéressent plus, on est venu à bout de leur mystère.

Au bout du compte, ce ne sont pas seulement ces amis qui s’usent, mais tout bonnement notre capacité à l’amitié. Au fil des ans, ils durent de moins en moins longtemps, ces gens que l’on rencontre, ils s’avancent, de moins en moins fascinants à mesure qu’on déchiffre l’art du masque social. Leurs numéros se font de moins en moins convaincants. On les perce à jour toujours plus tôt. Ils sont de plus en plus rares à présenter quelque chose d’authentique et d’étonnant. Au fil des ans, « l’authentiquement fascinant » devient une utopie puis une chimère.

A la longue, pour ne plus être déçu, il faut revoir ses exigences, ne plus espérer l’osmose et le partage mais tout au plus une agréable compagnie, il faut assigner à ces amis des rôles de plus en plus réduits et univoques, admettre que désormais, on se contentera de ces trois ou quatre personnes, trois ou quatre amis à usage unique : l’un pour distraire, l’autre pour bavasser, un autre encore pour confier ses envies ou ses idées… Et voilà.