Rêve américain

Malgré tout le racisme légitime qu’inspirent l’Amérique et ses Américains, on aimerait bien, une fois, tracer dans une vieille Buick sur une route poussiéreuse, sans but précis sinon celui de faire une halte dans une cafétéria où une
« Samantha » nous servirait un pancake mou et un café trop sucré…

Quelle est cette étrange poésie, qui émane de lieux et de personnages pourtant insignifiants sinon lugubres, et qui nous pousse par exemple à rêver d’être, un jour, rien qu’une seule fois, Taxi Driver ?

Si l’homme parvient encore à fabriquer de la poésie avec un monde si désenchanté, alors peut-être, sommes-nous sauvés !

9 réflexions au sujet de “Rêve américain”

  1. Je ne sais pas pourquoi çà m’inspire çà à moi aussi, ces endroits où même ceux qui y sont n’ont pas vraiment envie d’y être, et ont une vague sensation de passer à côté de quelque chose de très important. Comme un tableau d’Edward Hopper, c’est nu, hurlant de vide, et les gens ont la même consistance que la pompe à essence, le mur blanc. Hors du temps.
    C’est peut-être çà qui me chavire : ces lieux, désertiques, sont le bord de notre monde civilisé et si occidental. Il y a des objets de notre monde, et la solitude hurlante des éléments qui savent qu’ils auront toujours le dessus. On sent qu’on entre en territoire cheyenne, algonquin, ou je ne sais quels autres anciens esprits errants qu’autrefois ces terres possédaient.
    Il y a un côté chamanique ancien sauce Paris, Texas.
    La Buick est notre véhicule rassurant dans ces univers où le réel codé qui nous rassure se confronte avec des choses anciennes, ataviques, que l’ont sent fortes et toujours bien là, éternelles.

  2. Comme vous en parlez bien, Vitally ! (ah oui, j’ai décidé d’instaurer le vouvoiement systématique dans les commentaires). Il y a en effet de ce quelque chose dans les tableaux de Hopper, je ne l’avais jamais regardé de cette façon. Ce que vous dites sur le passé indien me rappelle aussi le film Shining, qui est plein d’allusions à ce crime originel, acte de naissance et motif de répétition de l’Amérique…

  3. Bonjour,

    Je lit votre blog depuis quelques temps et je n’ai jamais pris le temps de vous féliciter.
    C’est chose faire.

    Vous parlez de « racisme légitime », n’est-ce pas un peu maladroit comme formulation?

  4. Ce n’est que mon avis bien sur mais je pense qu’un énervement ou un a-priori négatif sur le peuple américain peut être légitime car il est fondé sur ce que le peuple américain pense ou fait.
    Le racisme ne peut pas l’être car ce n’est qu’une hiérarchie entre eux et nous, fondé sur un ressenti.
    (Je chipote je sais).

  5. Bonjour,

    Sans chipoter je trouve que parler de « racisme légitime envers l’Amérique et les Américains » est extrêmement choquant.

    Comment pouvez-vous considérer le racisme comme un sentiment légitime?

    Vous éprouvez ce sentiment « légitime » envers 300 millions d’êtres humains parce qu’ils sont américains?

    Très honnêtement j’ai lu beaucoup de choses fines et pertinentes sur ce blog. Je ne comprends pas votre position.

    Expliquez-moi, j’aimerais la comprendre.

  6. M’est avis qu’il faudrait me signaler à la Halde !
    Plus sérieusement, Emmanuel, se peut-il que vous soyez à la fois sensible aux choses fines et pertinentes de mes articles et tout à fait imperméable à l’humour et au goût de la formule qui les sous-tend parfois ? Avez-vous réellement compris que je ressens un racisme littéral envers les Américains ?
    J’ai du mal à le croire, avant tout parce que « américain » n’est pas une race, ensuite et surtout parce que je croyais évident qu’il s’agissait là d’une figure de style, une exagération destinée à rendre la formule plus sensationnelle. Mais je me suis trompé puisque vous êtes deux que le terme a dérangé. Je m’excuse donc si je vous ai choqués.
    Mon expression doit bien être comprise de la façon que Laurent l’exprime quand il parle « d’énervement a priori fondé sur ce que le peuple américain pense ou fait ». Car pour aller au bout de mon explication, je pense qu’il convient de relativiser le discours un peu facile qu’on entendait souvent à l’époque Bush, consistant à dire « j’en veux à l’Amérique mais pas aux Américains ». Tentation de blanchir totalement le peuple américain de « l’idiotie » de son gouvernement, de le considérer comme une victime malheureuse gouvernée malgré elle par un imbécile. Ce justement pour ne pas avoir à se dire « je suis raciste envers les Américains ». L’imbécile conservateur a malheureusement été réélu du voeu du peuple américain, et les mensonges les plus grossiers ne semblent pas révolter outre mesure la majorité de l’opinion. En conséquence, je n’ai pas l’impression que le peuple américain dans son ensemble soit si éloigné de cela de ce qu’on peut reprocher ou ne pas aimer dans « les Etats-Unis ». D’où le « racisme légitime ». Le mot de la fin à retenir, de mon message est tout de même que malgré tous ces défauts, il semble impossible de ne pas admirer un certain aspect de leur culture.

  7. @ Emmanuel : tant qu’on ne dit pas « Ricains » (l’équivalent du « Youpin » pour les antisémites en plus vulgaire/haineux si possible), moi je pardonne (même l' »Amerloques » de naguère, çà passe…)

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