Restriction durable – le livre

Merci à tous pour les premières commandes, ainsi qu’à ceux qui m’ont fait part de leur impression à réception du livre !

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Je suis en période de « promo » comme on dit, avec quelques pistes de relais dans la presse qui je l’espère peuvent aboutir. Si d’ailleurs vous pensez à des publications dont la ligne peut accueillir ce petit ouvrage, n’hésitez pas à m’en faire part ; et si à votre modeste mesure vous pouvez lui donner de l’écho, j’en serai reconnaissant jusqu’à ce que mort s’ensuive !

A bientôt pour de prochains articles sur le blog.

« L’Amérique leur a donné… »

« Ils venaient le plus souvent, ces immigrés, d’un pays naïf où le fils pouvait, sa vie durant, porter le manteau de son père. L’Amérique leur a donné la chemise qui ne supporte pas deux cylindrages, la chaussette que l’on jette au premier trou parce qu’elle ne vaut pas une reprise, le pardessus de confection qui dure tout juste un hiver et demande un remplaçant. Ils venaient ces pauvres gens, d’un pays où les arbres des vergers portent toutes sortes de fruits, variés à l’infini. L’Amérique leur a fait comprendre qu’il était préférable, pour obtenir un bon rendement, de ne cultiver que deux variétés de pommes et une seule variété de poires, si le mot de variété souffre un tel contresens. »

Georges Duhamel dans Scènes de la vie future.

Choc de temporalité

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Dans son journal parisien, alors qu’il est officier de l’armée allemande d’Occupation, Ernst Jünger raconte au 7 juin 1942 l’arrivée dans les rues de l’étoile jaune :

« Dans la rue Royale, j’ai rencontré pour la première fois de ma vie l’étoile jaune, portée par trois jeunes filles qui sont passées près de moi, bras dessus bras dessous. Ces insignes ont été distribués hier ; ceux qui les recevaient devaient même donner en échange un point de leur carte de textile. J’ai revu l’étoile dans l’après-midi, beaucoup plus fréquemment. (…) Un tel spectacle n’est pas sans provoquer un choc en retour – c’est ainsi que je me suis senti immédiatement gêné de me trouver en uniforme ».

Et, quelques jours plus loin :

« L’après-midi, à Bagatelle, Charmille m’a raconté qu’on arrêtait ces jours-ci des étudiants qui avaient arboré des étoiles jaunes avec diverses inscriptions telles que « Idéalistes » et d’autres du même genre, afin de se promener ainsi, démonstrativement, sur les Champs-Elysées ».

On visualise sans peine cette action de détournement tant elle aurait pu avoir lieu hier, initiée sur les réseaux sociaux. Les manifestations pacifiques, sittings, actions de désobéissance, nous semblent un apanage de la modernité remontant peu ou prou aux années soixante ; les voir évoquées à cette époque créé comme un choc de temporalité.

C’est comme lorsqu’on découvre que les dictons vandales inscrits sur les murs de Pompéi étaient déjà les mêmes que ceux qu’on trouve aujourd’hui dans n’importe quelles toilettes de bar.

Chaque période de l’histoire véhicule son imaginaire, son propre décor, qui pour exister, a besoin d’être exclusif et hermétique aux autres. Chaque épisode historique vit pour lui-même, comme un monde parallèle, et veille à ne pas se laisser inonder par l’imagerie des autres épisodes. Lorsque des passerelles existent entre eux, l’esprit les gomme jusqu’à faire oublier ce qu’elles ont d’intemporel, ou de contemporain : on ne réalise pas intuitivement par exemple que Louis-Philippe se passe au même moment que les cowboys de la conquête de l’Ouest ! On préfère rêver aux cowboys ou bien à Louis-Philippe. A la Seconde guerre mondiale ou bien à mai 68. L’un après l’autre. Entretenir des images nettes et établies.

Le livre est sorti !

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Restriction durable et autres scènes de la vie future, ce sont 18 histoires entrecroisées sur l’évolution de la société, des coutumes, des technologies… 108 pages dont plusieurs inédites qui vous feront aimer l’avenir mais pas trop.

« Notre époque ne se projette plus dans le futur mais dans un présent utopique où tout s’expérimente, où tout est à repenser. Le rasoir trois-lames se réinvente tout comme le rapport hommes-femmes ou l’enseignement de la grammaire. Pas de domaine qui reste inexploré. Tout est poussé à son maximum de nouveauté. L’évolution des mentalités se charge de justifier le tout et d’en faire adopter les usages. »

Vous pouvez dès à présent commander le livre en cliquant sur ce bouton : Support independent publishing: Buy this book on Lulu.

Un grand merci à Patrick Baud, auteur du blog/youtube Axolot, qui signe la préface du livre. Ainsi qu’à Cécile, qui signe l’illustration, Domitille qui a réalisé la maquette de couverture, aux multiples relecteurs… et à vous qui me suivez depuis toutes ces années.