Dégourdir les souvenirs, dégourdir les sens

Rappelez-vous comme vous aimez un bon vin ou une tasse de café après le repas…

Rappelez-vous maintenant la grimace que vous faisiez, enfant, à peine vous y trempiez les lèvres.

gout de la langueExercice : essayer de retrouver son dégoût d’enfant, rechercher aujourd’hui dans le vin, le café, ce goût qu’on ne supportait pas.
Variante pour les fumeurs : retrouver dans votre cigarette du jour, le piquant de la toute première, celle fumée en cachette depuis la fenêtre de sa chambre.

On peut y arriver, mais pas plus d’une demi-seconde : la sensation s’échappe.

4 réflexions au sujet de « Dégourdir les souvenirs, dégourdir les sens »

    1. C’est amusant de voir ça comme ça. En effet, outre l’idée que l’habitude finit par changer le goût des choses, on peut se demander d’où nous vient ce goût pour des choses objectivement infectes ou imbuvables.
      Mais à mon avis c’est plus profond qu’une simple histoire de société de consommation. On n’a pas attendu de voir une pub Ricard pour être attiré par des liqueurs infâmes. Qu’est-ce qui nous prend par exemple de boire une gnôle ? Parce qu’on a vu les Tontons Flingueurs ? Parce qu’on veut faire comme Papa ? Parce qu’on nous a appris qu’il y a quelque chose de subtil à y sentir ? Et le vin ? Une fois éduqué, on peut sentir plein d’arômes et de nuances dans un vin. Mais en fait, le vin c’est pas bon !

  1. @ Tsarp : oui, mais ce qui est souvent recherché, c’est l’ivresse ou du moins
    la « gaieté » procurée par la consommation d’alcool. En revanche, ce qui est vraiment pervers, c’est, je trouve, le gout pour la cigarette : encore plus infecte que le pire des picrates, noie les poumons sous une fumée toxique et empuantit l’atmosphère, sans même provoquer d’ivresse…

  2. Ou peut être tout simplement que c’est la perception des papilles qui change à force de capter le même goût, on s’habitue jusqu’à aimer. Combien de fois nos parents ne nous ont pas dit « goûte tu verras tu apprendras à aimer »… J’aimais pas la mozzarella ni le chicon gratin, et encore moins les olives, mais à force d’être forcée…
    Quant à la cigarette c’est plutôt au niveau chimique, à la base le corps rejette la nicotine, et puis plus il en reçoit, plus il apprend à s’adapter plutôt que de lutter, et puis il arrive au stade où il s’est tellement habitué qu’il en redemande (comme tout effet de drogue qui se respecte). Personne n’aime la sensation ni le goût de fumer. C’est physio/psychologique…

    L’exercice est intéressant. Ne pas se laisser influencer par les habitudes et reprendre les réelles sensations et questions qui nous font nous demander « pourquoi je bois ça? »

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