Citizen-band

Lorsque j’ai ouvert ce blog, il y a maintenant 3 ans, je n’étais pas convaincu du support : la présentation « journalière » des articles, le classement chronologique, ne me convenait pas et par-dessus tout je n’appréciais pas la dimension ouverte, reliée, sociale. Je songeai même au départ à fermer les commentaires : s’il en était qui avaient quelque chose à dire, ils n’avaient qu’à créer leur blog ! Tout ce que je voulais, c’était créer un îlot où exiler des textes – le blog présentait l’avantage de n’exiger aucune compétence technique pour le faire.

Et puis, au fur et à mesure, j’appris à aimer ces simili-échanges que l’on peut faire avec d’autres : autres blogs, autres commentateurs, récurrents ou visiteurs de passage, autres pages web où laisser son sentiment… Echos humains épars dans la nuit du web. Le blog est pour nous, vains parleurs et vains penseurs, ce que la CB est aux camionneurs. Longtemps les routiers ont été des êtres seuls, du matin au soir et toute la nuit, bagnards dans leur cabine, mangeant le midi, seuls encore, le sandwich qu’ils s’étaient préparé la veille. Et puis il y a eu la CB…

Blogueurs, nous sillonnons les routes, traçant la nôtre sans toujours savoir où elle nous mène ni pourquoi nous roulons, ne distinguant son dessin qu’une fois que l’on se retourne sur le chemin parcouru. Blogueurs, vains parleurs et vains penseurs, nous sommes seuls mais plus complètement. Il y a dans l’air ces ondes émises, impalpables. Toujours, pas très loin, il y a ces autres poids lourds de la nuit, plus ou moins fantomatiques, dont nous captons les signaux erratiques. Ceux que nous croisons et qui nous renvoient un appel de phares amical. Ceux qui évoluent sur d’autres routes, parallèles. Routes alternatives, jamais tout à fait similaires à la nôtre, toujours un peu indéchiffrables, dont nous suivons la progression avec intérêt et bienveillance. Itinéraires bis que nous n’aurions jamais empruntés (et que nous n’emprunterons plus) mais qui s’acheminent vers des horizons pas si éloignés du nôtre, croit-on deviner.

Cela vaut bien, de temps en temps, d’essuyer un « sale con » laissé au doigt dans la poussière de notre pare-brise.

Une réflexion au sujet de « Citizen-band »

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